Elon Musk ne coupera pas Anthropic : 40 milliards en jeu — visuel éditorial Zoom IA
Actualités IA

Elon Musk ne coupera pas Anthropic : 40 milliards en jeu

· · 3 min de lecture

Anthropic peut-il faire confiance à Elon Musk pour héberger ses modèles ? La question a agité X cette semaine, jusqu’à ce que Musk réponde lui-même par un éloge appuyé de son rival, rapporte TechCrunch. Sa promesse : jamais il ne couperait Anthropic de ses serveurs « d’une manière qui lui ferait vraiment mal ». Le contexte financier explique en grande partie ce revirement.

Un revirement public d’Elon Musk sur Anthropic

Le 9 juillet 2026, des utilisateurs de X ont laissé entendre que Musk pourrait un matin décider d’éjecter le labo d’IA des serveurs de SpaceX pour handicaper un concurrent. Sa réponse a surpris. « J’avais clairement tort à propos d’Anthropic », a écrit Musk, en référence à son propre message de septembre 2025 où il affirmait que « gagner n’a jamais fait partie des issues possibles pour Anthropic ».

Le ton est désormais à l’admiration. « Ils sont manifestement le leader actuel de l’IA. Aucune entreprise n’a sorti un modèle aussi bon que Mythos/Fable et ils auront sans aucun doute Mythos 2 prêt bientôt. Et je ne les couperais jamais d’une manière qui leur ferait gravement mal, même en tant que concurrent. Ce n’est pas mon style », a-t-il écrit. Pour appuyer ce « style », Musk cite la décision de Tesla en 2014 de ne pas attaquer en justice ceux qui utilisent sa technologie de bonne foi, ainsi que l’ouverture du réseau Superchargeur aux concurrents.

Reste que Musk n’est pas exactement au-dessus des tactiques anti-rivaux : il a par exemple poursuivi OpenAI en justice.

Un deal compute à 40 milliards qui verrouille la relation

Anthropic n’a pas besoin de compter sur le « style » de Musk. En mai 2026, le labo a signé un accord pour acheter 300 mégawatts de puissance de calcul, soit toute la production du data center Colossus 1 de xAI près de Memphis, dans le Tennessee. Le montant : 1,25 milliard de dollars par mois jusqu’en mai 2029, un contrat qui représente environ 40 milliards de dollars de revenus pour la division xAI de SpaceX. À noter que xAI a fusionné avec SpaceX en février 2026.

Anthropic est aujourd’hui l’un des plus gros clients de SpaceX. Google a lui aussi signé pour louer l’infrastructure de SpaceX jusqu’en juin 2029, à hauteur de 920 millions de dollars par mois. Au-delà des revenus, l’hébergement d’Anthropic donne à SpaceX une visibilité inhabituelle sur le fonctionnement d’un labo d’IA en pleine croissance, un peu comme les ingénieurs d’Amazon avec Anthropic.

Cette proximité soulève une question. Pendant son procès contre OpenAI, Musk a reconnu que le « distilling » existe bel et bien, ce procédé qui consiste à créer de faux comptes pour envoyer des prompts à un concurrent et comprendre son fonctionnement. Interrogé par un avocat pour savoir si xAI avait déjà distillé de la technologie d’OpenAI, Musk a répondu : « De manière générale, les entreprises d’IA se distillent entre elles. » En février 2026, Anthropic accusait justement trois créateurs de modèles chinois d’avoir fait cela avec Claude.

Foire aux questions

Combien Anthropic paie-t-il à SpaceX ?

Selon TechCrunch, Anthropic paie 1,25 milliard de dollars par mois jusqu’en mai 2029 pour 300 mégawatts de puissance de calcul, soit toute la production du data center Colossus 1 de xAI. Le contrat représente environ 40 milliards de dollars de revenus pour SpaceX.

Qu’est-ce que Mythos/Fable ?

Mythos/Fable est le modèle d’IA d’Anthropic cité par Elon Musk comme le meilleur du marché. Selon lui, aucune entreprise n’a encore sorti de modèle équivalent, et Anthropic devrait bientôt disposer de Mythos 2.

Pourquoi Musk a-t-il changé d’avis sur Anthropic ?

En septembre 2025, Musk affirmait qu’Anthropic ne pouvait pas gagner. Le 9 juillet 2026, il a reconnu s’être « clairement trompé » et qualifié Anthropic de leader de l’IA. Ce revirement coïncide avec un contrat compute qui fait d’Anthropic l’un des plus gros clients de SpaceX.

Mis à jour le 11 juillet 2026. Signaler une erreur.

Élise Tardieu

Rédactrice en chef · Fondatrice de Zoom IA

Élise a lancé Zoom IA début 2026 après six ans entre deux startups tech et son propre studio de consulting. Son parcours commence en 2019 dans une petite boîte NLP parisienne, à une époque où expliquer "LLM" à un marketeur non-tech ressemblait à une séance de rattrapage. Elle y a monté l'équipe content marketing qui a fait passer le blog de 300 visites/mois à 40k en 18 mois, avec de l'IA pour l'outillage, jamais pour remplacer le cerveau. Elle a quitté le salariat en 2023 pour s'installer à Orléans et lancer sa micro-agence de stratégie IA auprès de PME du Centre-Val de Loire et de la région parisienne. Le déclic Zoom IA est venu après sa quarantième conversation identique avec un client : "quel outil choisir ?", "combien ça coûte vraiment ?", "est-ce que je vais me faire remplacer ?". Elle a constaté qu'il n'existait pas de média francophone qui répond franchement à ces questions, sans verser dans le discours corporate ni dans la panique technophobe. Son angle éditorial à Zoom IA : tester avant de juger, être clivante quand ça compte, et refuser la publi-rédaction déguisée. Elle signe les guides gagner de l'argent avec l'IA, les comparatifs de modèles sur les cas d'usage business, et les analyses d'actu qui touchent à l'écosystème (levées, pricing, régulation). Elle anime aussi la newsletter Le Brief IA et teste personnellement chaque outil qu'elle recommande, c'est la règle de la rédaction.

Ne rate rien de l'actu IA

Le Brief IA, chaque semaine dans ta boite. Gratuit, concret, sans spam.